lundi 3 mai 2021

La reproduction 2020 des passereaux a été la plus faible mesurée en 32 ans pour la façade atlantique

Dans les régions tempérées et froides, la reproduction de la majorité des plantes et des animaux est limitée par le froid. Au fur et à mesure que le printemps progresse et que ces régions se réchauffent, les animaux initient leur reproduction. Ainsi, les printemps les plus précocement chauds favorisent une reproduction plus importante, y compris chez les oiseaux communs (voir posts précédents de 2018, 2019): en général, plus il fait chaud, plus il y a de jeunes (Julliard et al. 2004, Eglington et al. 2015; sauf pour les espèces migratrices au long court, Telensky et al. 2020).

Mais si un printemps plus chaud permet potentiellement une production végétale - et donc en insectes (nourriture des oisillons) - plus précoce voire plus importante, pour que cela se réalise, il faut que les précipitations soient suffisantes : il ne faut pas que la chaleur supplémentaire induise une sécheresse. Or, c’est probablement ce qui s'est passé en France en 2020, avec des records de chaleurs atteints en particulier en région atlantique, région normalement tiède et humide (Fig. 1, Météo France).  

Fig. 1: Printemps 2020: second le plus chaud depuis 1900 (Météo France)

La productivité (nombre de jeunes produits par adulte) est suivie depuis 1989 à l'aide du Suivi Temporel des Oiseaux Communs par Capture (connu à l'international comme Constant bird ringing Effort Sites; Eglington et al. 2015).

Au cours de l'hiver 2020/21, un groupe de 6 étudiant.e.s de 2ème année l'Ecole Nationale Supérieure d'Agronomie de Toulouse (baptisées les 6'telles) a travaillé sur la question: le printemps hors norme de 2020 a-t'il impacté la productivité des passereaux communs en France ? Le test a été appliqué aux données des 132 espèces capturées sur 312 stations sur 32 ans… La productivité a été plus faible en 2020 que sur la moyenne des années passées (effet 2020 = -0.547 ± 0.179, P = 0.002), soit une baisse de 42% du nombre de jeunes capturés par rapport à la moyenne (Fig. 2). 

Fig. 2: Variations annuelles de productivité des passereaux communs en fonction de leur comportement migratoire (colonne de gauche: résidents et migrateurs à courte distance, colonne de gauche: migrateurs à longue distance), et du type d'habitat de reproduction (habitats humides pour les 2 première lignes, habitats terrestres pour 3ème ligne). Médiane = trait gras; plage colorée = intervalles représentant 95% de la variation entre sites.

Au printemps de 2020, le confinement imposé par la crise sanitaire de la covid19 a contrarié la mise en oeuvre du STOC Capture: un tiers des stations n'ont pas pu fonctionner, et les autres ont commencé avec 1-2 semaines de retard. Ce retard réduit le nombre d'adultes capturés (attendu, et constaté dans les données), ce qui devrait augmenter artificiellement l'indice de productivité. Or c'est l'inverse que nous constatons. La baisse de productivité a donc même été plus importante que ce qui a été mesuré. Pour vérifier la robustesse de notre conclusion à une éventuelle particularité des stations ayant réussi à fonctionner en 2020, nous pouvons refaire le test uniquement avec les données des 54 stations actives en 2020: la conclusion reste la même, la productivité 2020 est la plus faible enregistrée (effet 2020 = -0.557 ± 0.226, P = 0.002, soit une baisse de 43% du nombre de jeunes capturés).

Nous avons alors cherché à savoir si cette baisse de productivité différait entre régions. La France a été divisée en cinq régions climatiques (INPN 2011) tenant compte de la distribution des stations du STOC Capture (Fig. 3): Atlantique central et Atlantique lusitanien (Metzger et al. 2013), Continental, Méditerranéen et Altitude > à 1200 m (Lehikoinen et al. 2019).

Fig. 3: Distribution des stations STOC Capture en 5 régions climatiques.

Les régions Méditerranéen (3 stations) et d’altitude (1 station) n’ont pas été suffisamment documentées en 2020 pour être analysées. Pour les trois autres régions, la tendance diffère (χ²(2) = 133.47, P < 10-4). La baisse a été la plus forte dans la région Atlantique central (23 stations, effet 2020 = -0.799 ± 0.262, P < 0.002, baisse de 55%), suivie de la région Atlantique lusitanien (18 stations, effet 2020 = -0.657, erreur-type = 0.291, P = 0.024, baisse de 48%), alors que nous ne constatons pas de baisse significative pour la région Continental (9 stations, effet 2020 = -0.030 ± 0.294, P = 0.920, baisse de 3%; Fig. 4).

Fig. 4: Variations annuelles de productivité pour chacune des 5 régions climatiques. La baisse de 2020 n'est significative que pour les régions Atlantique Central et Atlantique Lusitanien. Médiane = trait gras; plages colorées = intervalles représentant 95% de la variation entre sites.

En conclusion, l'hypothèse est que le printemps particulièrement chaud de 2020 aurait été 'trop chaud', au moins en région Altantique, aboutissant à la plus forte baisse de la reproduction des passereaux communs au cours des 32 dernières années. 

En théorie, pour des petits oiseaux, une baisse de 40% de la reproduction devrait générer une baisse de 25-30% du nombre d’adultes reproducteurs l’année suivante. La campagne STOC de 2021 nous le dira…

Ces résultats ont été obtenus grâce aux suivis de terrain réalisées par des centaines de bagueurs d’oiseaux (~130 par an) sur le long terme. Nous les remercions encore une fois pour leur implication.

Références citées

Eglington, S. M., Julliard, R., Gargallo, G., van der Jeugd, H. P., Pearce-Higgins, J. W., Baillie, S. R., & Robinson, R. A. (2015). Latitudinal gradients in the productivity of European migrant warblershave not shifted northwards during a period of climate change. Global Ecology and Biogeography, 24(4), 427–436. (accès direct)

Julliard, R., Jiguet, F., & Couvet, D. (2004). Evidence for the impact of global warming on the long-term population dynamics of common birds. Proceedings of the Royal Society of London Series B-Biological Sciences, 271(Suppl.), S490–S492.

Lehikoinen, A., Brotons, L., Calladine, J., Campedelli, T., Escandell, V., Flousek, J., Grueneberg, C., Haas, F., Harris, S., Herrando, S., Husby, M., Jiguet, F., Kålås, J. A., Lindström, Å., Lorrillière, R., Molina, B., Pladevall, C., Calvi, G., Sattler, T., et al. (2019). Declining population trends of European mountain birds. Global Change Biology, 25(2), 577–588

Metzger, M. J., Brus, D. J., Bunce, R. G. H., Carey, P. D., Gonçalves, J., Honrado, J. P., Jongman, R. H. G., Trabucco, A., & Zomer, R. (2013). Environmental stratifications as the basis for national, European and global ecological monitoring. Ecological Indicators, 33, 26–35.

Telenský, T., Klvaňa, P., Jelínek, M., Cepák, J., & Reif, J. (2020). The influence of climate variability on demographic rates of avian Afro-palearctic migrants. Scientific Reports, 10(1), 17592.

Rédacteur : Pierre-Yves Henry, en collaboration avec Romain Lorrillière et les 6'telles: Nathalie Adenot, Coraline Auvray, Gwenalan Blandin, Carla Della Signora, Romane Fort et Ninon Magliaraschi.

mardi 20 avril 2021

Saisie des données historiques de baguage: où en en sommes-nous ?

Les données de baguage, contrôle et reprise d'oiseaux porteurs de bagues françaises comme étrangères sont toutes informatisées dans la base de données du CRBPO depuis l'an 2000. Un gigantesque chantier attendait donc l'équipe avec la nécessité pressante d'informatiser les millions de données historiques (de 1900 à 2000) conservées sous format papier dans nos archives !


Classeurs de données de baguage rangés par type et n°de bagues



L'opportunité de saisir ces données a débuté en 2015 lorsque le CRBPO s'est vu attribuer deux postes d'agents de saisie à temps plein pour ce travail de longue haleine, réalisé sans interruption par nos collègues du Muséum Marielle Peroz et Khaldia Akkari.

Leur première mission (2015-2017) aura été la saisie de l'ensemble des donnée historiques de baguage, contrôle et reprise de grands turdidés (merles et grives) avec le renfort de personnels de l'OFB, en anticipation d'un projet de thèse de doctorat sur les changements de stratégie migratoire de ces espèces gibier (voir le post dédié). Ce sont ainsi 220 000 données de baguage, 23 000 données de reprise (oiseaux trouvés morts) et 6360 données de contrôles (oiseaux recapturés vivants) de Turdus qui ont été informatisées ! 

Est venu ensuite (2018) le projet de saisir une grande partie des données de baguage des oiseaux marqués avec les bagues de préfixe G et F. Ces bagues sont utilisées pour marquer plusieurs espèces chassables, qui font l'objet de programme de suivis actuels, et pour lesquelles il fallait mettre les données à disposition dès que possible, afin d'assurer la meilleure expertise possible sur l'évolution du statut migratoire de ces espèces: cailles, grands limicoles (courlis, barges), sarcelles, tourterelles. Cela correspond à la saisie de plusieurs dizaines de milliers de données de baguage, dont une grande partie a été traitée de manière entièrement bénévole par notre collègue bagueur Bernard Chanchus.

Plus spécifiquement pour les espèces visées cela représente, en nombre de données de baguage : environ 10 300 vanneaux huppés, 500 pluviers dorés, plus de 3000 chevaliers gambettes, 1500 barges, 1000 courlis corlieu, 6500 sarcelles d'été (marquées principalement en Afrique), 1000 tourterelles turques, 4200 tourterelles des bois (en Afrique pour beaucoup), 4000 cailles des blés ....!


Depuis 2019, Khaldia et Marielle se sont focalisées sur la saisie de l’ensemble des données de contrôle et reprise pour toutes les espèces, y compris les étrangères. Ce chantier à été jugé  prioritaire en vue de la future parution des atlas français et européens sur les migrations (prévue pour 2021).

Pour les aider dans cette mission ambitieuse, le Muséum nous a fait la faveur en 2020 d'affecter 6 mois de CDD sur cette mission, ce qui nous a permis d'accueillir Carole Leray au sein de l'équipe. Elle aura réalisé sa mission avec succès malgré les restrictions liées à la crise sanitaire Covid. Son départ récent est l'occasion de faire un point sur le travail accompli et sur ce qu'il reste à faire.

La quasi totalité des données de reprise historique est à ce jour intégrée à la base de donnée nationale, ce qui représente plus de 100 700 fiches (une fiche = une donnée de baguage associée à une ou plusieurs données de contrôle/reprise), soit environ 1 250 jours de travail !

Il ne reste plus que 7 espèces dont les quelques 21 570 fiches seront saisies au cours de 2021: Cigogne blanche, Héron cendré, Flamant rose, Grand cormoran, Goéland argenté, Mouette rieuse et Étourneau sansonnet. :)

Exemple de tiroir contenant des fiches de reprises étrangères classées par espèces et dates


Pour rappel, toutes ces données informatisées peuvent être explorées au travers de l'interface CRBPOData, laquelle est mise à jour chaque mois.

Un grand merci à Marielle, Khaldia, Carole, Bernard, aux collègues de l'OFB et toutes les personnes qui ont participé à ce travail parfois rébarbatif et bien plus complexe que vous ne pouvez l'imaginer (difficulté de relecture, faute de frappe ou données imprécises, noms vernaculaires d'espèces qui changent avec le temps, difficulté à retrouver certaines localités sans coordonnées géographiques, changement de noms voir de pays pour certaines localités étrangères, en particulier avant la première guerre mondiale ou dans les anciennes colonies françaises en Afrique ...).

Cependant il reste encore beaucoup à faire: 11 500 000 données de "baguage seul" (c'est à dire n'ayant pas donné lieu à une ré-observation de l'individu) restent à informatiser, afin de les rendre disponible pour la recherche et l'expertise, et ainsi valoriser le travail de terrain accompli par les centaines de bagueurs du siècle passé et par nos prédécesseurs du Centre de Recherches sur la Migration des Mammifères et des Oiseaux (CRMMO) ! En saisie manuelle, cela représenterait 60 ans de saisie pour une seule personne... D'autres méthodes plus efficaces vont être explorées ! La saisie de ces données est très importante afin de disposer des grands totaux de baguage, information indispensable pour révéler les changements démographiques, biométriques, et d'occurrence sur le très long terme (en particulier pour les espèces dont l'aire de répartition s'est aujourd'hui considérablement morcelée, telles que le bruant ortolan, les pie-grièches, la linotte à bec jaune ... , ou dans le cas d'espèces communes ayant fortement décliné, telles que le bruant des roseaux, le moineau friquet, ...).


Un exemple de page manuscrite de données de baguage historique  (1953) (remarquer les noms d'espèces usités à l'époque : rouge queue de muraille, bergeronnette hochequeue !)



Rédacteur : Romain Provost en charge de la coordination de la saisie d'archive







mercredi 27 janvier 2021

Antoine Chabrolle, animateur réseaux Oiseaux Marins

Suite à 10 belles années passées dans les Antilles Françaises, à travailler pour la protection des tortues marines, ainsi qu’à rechercher le fameux Pétrel diablotin sur les reliefs des volcans caribéens, Antoine Chabrolle s’est envolé à bord de son voilier pour rejoindre le port de Concarneau, après avoir réalisé un tour de l’Amérique du Sud.

Arrivé fin 2018 au Muséum, Antoine travaille maintenant sur la thématique des oiseaux marins, et complète ainsi l’équipe du CESCO, rattaché au CRBPO, et basé à la Station Marine de Concarneau (sur le même site que Jérôme Fournier). Il est notamment en charge de l’animation du Réseau National Oiseaux Marins (RESOM), qui a pour vocation de fédérer l'ensemble des acteurs concernés ou intervenants sur la thématique des oiseaux marins, que ce soit en France métropolitaine ou en Outre-mer. Le RESOM doit également permettre une véritable action coordonnée de la communauté ornithologique pour répondre aux obligations de l’Etat. Il se veut être un espace où se discutent, en particulier dans le cadre des directives nationales et européennes les orientations à prendre, où s’expriment les questions des gestionnaires, ONG,… sur la thématique des oiseaux marins.

L’Observatoire des oiseaux marins et côtiers (https://oiseaux-marins.org) est la plateforme sur laquelle sont regroupés les actualités, rapports et données sur les oiseaux marins.

Antoine s’occupe également de l’animation du Groupement d'Intérêt Scientifique sur les Oiseaux Marins (GISOM). Cette association rassemble des experts ornithologues issus de différents horizons (ONG, centres de recherche, bureaux d’études, universitaires ou gestionnaires d’espaces naturels), pour promouvoir l'acquisition et la diffusion de connaissances sur les oiseaux marins. Le GISOM intervient dans différents comités de pilotage (suivi des contaminants, Plan Nation d'Action Puffin des Baléares), groupes techniques sur la thématique des interactions avec les éoliennes ou les captures accidentelles. Antoine coordonne notamment le recensement des oiseaux marins nicheurs 2020-2022.

Par ailleurs, Antoine collabore avec l’Office Français pour la Biodiversité en tant que responsable thématique sur les politiques de mise en place de stratégies de suivis d’indicateurs, pour contribuer aux évaluations nationales (Directive Cadre Stratégie pour le Milieu Marin - DCSMM) et régionales (Base de données sur les Aires Marines Protégées - OSPAR) de l'état écologique des oiseaux marins.

Rédacteur: Antoine Chabrolle


 

lundi 25 janvier 2021

Les mythes du coq « fou » et du coq « mou » chez le Grand Tétras

Grand tétras marqué en parade (M. Gauthier-Clerc)

Régulièrement des coqs de Grand Tétras au comportement inhabituel sont signalés. Leur point commun est dêtre confiants vis-vis à des humains. Ils sont signalés lorsquils sapprochent des activités humaines, comme des pistes de ski ou dans les villages.

Ces coqs sont parfois en parade nuptiale, et peuvent alors devenir agressifs vis-à-vis des passants, randonneurs ou skieurs. Lun deux dans le Haut-Jura a fait le tour des réseaux sociaux ces dernières semaines.

Le « fou » et le « mou »

Depuis des dizaines dannées, ces coqs ont été désignés par les termes « mou » et « fou » et ces termes se sont imposés à tous, mais à tort:

« Mou » quand le coq est observé en train de manger, se reposer. Le terme « mou » signifie cependant  quil aurait une pathologie, le rendant apathique, affaibli

« Fou » quand le coq est observé en train de parader, et parfois dêtre agressif. Le terme «fou » désigne une pathologie dordre psychiatrique.

Ces coqs sont également décrits comme passant de «mou » à « fou », et inversement, comme s’ils souffraient dun trouble bipolaire. Ces descriptions et ces termes amènent ainsi à la conclusion fréquente  que ces coqs sont le résultat dune population dégénée,  malades et en déclin. Il a été aussi dit, sans élément, que ce comportement serait le résultat dune dégradation de lhabitat.

Ces termes « fou » et « mou » ne correspondent pas à leur comportement réel et nont pas de réalité médicale prouvée. Ils sont une projection, une interprétation dun comportement qui simplement nest pas habituel pour nous.

Le point commun à tous ces coqs est quils sont confiants, et non pas farouches, comme beaucoup lattendent de tout animal sauvage.

Depuis 2015, nous menons un programme de suivi par marquage de ces individus dans le Massif du Jura, sous la responsabilité de Pierre Durlet (bagueur du Centre de Recherche sur la Biologie des Populations des Oiseaux).

Ce que lon sait

Au sens dical vétérinaire,  il ny a aucun élément montrant quils sont malades.

Les  mesures  de  parasites,  leur  poids,  leur  comportement  ne  montrent  aucun  signe  de maladie ou de faiblesse.

Leur comportement diffère seulement par une confiance à la présence humaine.

Il sagit en majorité de jeunes mâles, de 1 à 2 ans, donc peu expérimenté et qui explore leur environnement. Les individus en parade nuptiale et parfois agressifs ont plutôt dépassé lâge de deux ans et peuvent garder ce comportement plusieurs années de suite.

Ce comportement sobserve partout, en Scandinavie, en Autriche ou Russie, où lespèce reste bien répandue.

Les coqs ne sont pas imprégnés. Le terme imprégnation signifierait quils considéreraient les humains comme de leur espèce. Les suivis montrent  quils arrivent à vivre dans leur milieu naturel et sont présents sur des places de chant (lieux de rassemblement des Grands tras en période de reproduction).

Il ny a actuellement aucune preuve dun dérèglement hormonal. Cela reste une hypothèse. Par contre, on sait que lors des parades pour la reproduction, les mâles de nombreuses espèces ont des taux dhormones comme la testostérone plus élevés et sont plus agressifs.

En  parcs  zoologiques,  si  les  Grands  tétras  sont  très  craintifs  hors  de  la  période  de reproduction,   ils   peuvent   devenir   beaucoup   plus   téméraires   et   attaquer   lors   de   la reproduction, sans doute sous leffet des hormones.

Les parades  avec de lagressivité sur les humains sont communes et considérées comme normales au Canada chez une autre espèce de tras.  Les mâles peuvent être très territoriaux toute lannée. Les parades nuptiales obseres augmentent lors de la période de reproduction, probablement en lien avec des taux dhormones plus élevés, comme la testostérone.

Ces coqs ont souvent une espérance  de vie plus faible en raison de leur confiance. Ils sont ainsi exposés aux voitures, à des coups (bâtons ou autres), au braconnage pour le trophée.

Conclusion et précaution

Ces coqs sont des oiseaux au tempérament confiant et donc pas farouche dont la cause nest pas scientifiquement identifiée. Il ny a actuellement aucun résultat qui indiquent quils aient un problème de santé.

Il ne faut plus utiliser les termes  « fou » et « mou » qui désignent des animaux malades et peuvent amener à les éliminer. Lespèce est en grand danger dans le massif du Jura et il est important de ne pas les importuner en restant à distance.

Ce texte est extrait d'un communiqué de presse de la Fondation du parc zoologique La Garenne.

Rédacteur: Michel Gauthier-Clerc (Docteur vétérinaire, directeur du zoo la Garenne, chercheur associé à Chronoenvironnement Université Bourgogne Franche Comté) et Pierre Durlet (bagueur CRBPO).