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mercredi 15 décembre 2021

Rap, changements globaux, oiseaux et biodiversité: nouveaux cocktails musicaux disponibles !

Pour contribuer à la diffusion de la connaissance scientifique en écologie vers de nouveaux publics, Nicolas Dubos diffuse occasionnellement des clips de rap / hip-hop sur sa chaine youtube (3' Scientific Rap Sessions), présentant les enjeux scientifiques et sociétaux de ses publications scientifiques récentes. Nicolas adopte un ton engagé, exprimant la frustration des chercheurs quant au manque de prise en considération des connaissances qu'ils produisent par les pouvoir public et les décideurs politiques. Le tout en 3 minutes pile, et en rap.

Nombre d'entre vous connaissez déjà son premier clip, diffusé via le blog CRBPO (lien), qui portait sur l'incidence des fluctuations climatiques sur la taille des jeunes passereaux, sujet de sa thèse de doctorat au Centre d'Ecologie et des Sciences de la Conservation (2014-2017, voir posts en 2018 et 2019). Il profite de cette occasion pour vous remercier chaleureusement pour votre soutien, le réseau des bagueurs ayant été de loin la communauté qui a le plus relayer ce clip, atteignant 20000 vues. Il serait resté au grenier sans vous. Merci! Depuis, ce clip a aussi été diffusé au Congrès Mondial de la Nature.

Dans ses productions récentes, Nicolas met à nouveau en exergue l'importance de la contribution des réseaux de sciences participatives en écologie des changements globaux, avec des mentions spéciales pour le réseau du Centre de Recherches sur la Biologie des Populations.
Voici les liens vers ses derniers clips:
- Espèces-climat-latitude : chaud, humide et sombre (06/10/2021; en anglais sous-titré, puis français à partir de 2:22). Ce dernier clip revient notamment son dernier article de thèse, où l'on trouvait que les effets du changement climatique seront plus sévères à mesure que l'on se rapproche de l'équateur. Cette fois-ci il étend la zone d'étude jusqu'aux tropiques. Dans ce clip, il a invité Benjamin Freeman, chercheur ornithologue de l'Université de British Columbia, dont les trouvailles font écho aux siennes. Ce thème a aussi donné lieu à un article dans The Conversation.

Bonne écoute !

Rédacteur: Nicolas Dubos

lundi 20 août 2018

Les oiseaux communs sont plus grands les années de forte production primaire

Taille d'aile des jeunes en fonction de la productivité du printemps
La taille des jeunes passereaux varie-t-elle d'une année sur l'autre ? Et pourquoi ? Cette question a été au cœur de la thèse de doctorat de Nicolas Dubos. Dans un article paru récemment, nous montrons que la taille (longueur d'aile) des jeunes de 41 espèces communes est plus grande les années de forte production primaire (c'est à dire de forte production végétale, suivant l'Indice de Végétation par Différence Normalisée, NDVI). Cette relation se comprend par le fait que, plus il y a de production végétale, plus il y a d'invertébrés (larves), et plus il y a de nourriture disponible pour assurer la croissance des jeunes passereaux. Au-delà de l'effet de la production primaire, il y a également un effet (moindre) de la température au printemps: plus il fait chaud au printemps, plus les jeunes sont grands, probablement du fait des contraintes réduites au cours de la croissance. En effet, à notre latitude tempérée, la contrainte principale limitant la croissance au printemps semble être le froid, au travers d'effets direct (perte de la chaleur) et indirects (productions primaire et secondaire réduites). Ainsi, les années chaudes sont bénéfiques à la croissance des jeunes. Ces variations de taille sont de l'ordre du 10ème de millimètre (d'où l'importance de prendre les mesures avec le plus de précision possible). Un autre message original et important de cette étude est que, même si il existe des déterminants macro-écologiques à large échelle et communs à toutes les espèces de la taille des jeunes, ces déterminants ont une influence faible (10 à 13% de la variance totale de taille), et ce sont des processus locaux (à l'échelle des sites), spécifiques à chaque espèce, qui expliquent la majorité des variations inter-annuelle de taille des jeunes. Ces déterminants locaux et spécifiques restent à étudier.

Cette étude repose sur les mesures de 107193 longueurs d'aile et de 82022 masses de passereaux nés dans l'année, collectées dans le cadre du programme de Suivi Temporel des Oiseaux Communs par Capture, entre 2000 et 2014, par 382 bagueurs bénévoles sur 257 sites sur toute la France. Nous les remercions (nommément dans l'annexe A11) pour cet effort sur la durée, qui a permis cette publication dans Ecography, le 4ème meilleur journal international de conservation de la biodiversité.
 
Pour plus d'information:
Dubos, N., Le Viol, I., Robert, A., Téplitsky, C., Ghislain, M., Dehorter, O., Julliard, R. et P.-Y. Henry (2018). Disentangling the effects of spring anomalies in climate and net primary production on body size of temperate songbirds. Ecography (Cop.)., 41, 1319–1330 (lien vers le PDF).

Voir aussi l'article sur le blog d'Ecography.


mardi 24 janvier 2017

Les moineaux grandissent moins bien en ville qu'à la campagne

Moineau domestique mâle (photo: Benjamin Vollot)
Dans plusieurs grandes villes européennes, les moineaux disparaissent. Mais quelles sont les causes de ces déclins urbains ? En septembre, nous vous annoncions qu'un projet de recherche de trois ans va démarrer sur cette question. Mais une première réponse se dessine déjà... En 2014, 25 bagueurs ont mesuré 599 moineaux domestiques dans 30 populations implantées dans des sites plus ou moins urbanisés (allant de fermes isolées au Jardin des Plantes au centre de Paris). Et le résultat est facile à comprendre: les moineaux sont plus petits en ville qu'à la campagne, et les plumes de jeunes urbains sont de moins bonne qualité que celles des jeunes ruraux. Les moineaux de ville sont donc handicapés pendant leur croissance. Cela apporte du crédit à l'hypothèse selon laquelle le milieu urbain est caractérisé par un déficit d'insectes, source primordiale de protéines pour le développement des jeunes passereaux. Décidément, cette nouvelle étude renforce le constat que les moineaux ont vraiment du mal à s'alimenter correctement en ville (voir aussi l'article précédent sur le sujet) !
Ces résultats viennent d'être publiés dans le cadre d'une collaboration entre le Centre d'Etudes Biologiques de Chizé (CEBC), et le CRBPO grâce aux bagueurs s'impliquant dans le veille sur les populations de Moineau domestique (SPOL Moineau).

Pour en savoir plus:
Relation entre la densité des plumes (rectrices) de moineaux domestiques et le degré d'urbanisation (rural à gauche, très urbanisé à droite) de l'endroit où ils vivent (reproduit de Meillère et al. 2017).