mardi 21 juillet 2015

La reprise de la semaine

Régulièrement,en fonction de ce qui nous arrive et de nos disponibilités, nous vous présentons une donnée de contrôle ou reprise de bague récente qui sort de l'ordinaire. Il peut s'agir d'une espèce pour laquelle nous n'avons que peu d'informations, d'un déplacement inhabituel ou remarquable, d'une longévité élevée etc

Reprise d'une Sterne caspienne de 26 ans


Photo : Aurélien Audevard

La Sterne caspienne (Hydroprogne caspia) est un migrateur peu commun en France (quelques centaines d'individus par ans). La population traversant l'hexagone aux deux passages est originaire de mer Baltique où plusieurs programmes de baguage existent dans les pays baltes et scandinaves concernés . 

Synthèse cartographique des contrôles/reprises de Sternes caspienne issus de la base de données du CRBPO

Des individus porteurs d'une bague métallique, à laquelle peut s'ajouter une bague colorée, sont parfois notées mais les distances d'observations permettent rarement leur lecture. Ainsi, la majorité des données contenues dans la base du CRBPO est constitués de reprises (généralement d'oiseaux piégés ou tirés) dans les zones d'hivernages d'Afrique de l'Ouest. 
Ce printemps fournit également une donnée de reprise d'un individu trouvé blessé par tir non pas au sud du Sahara mais bien dans le Sud de la France, à Lansargues (34) le 09 avril 2015. Il s'agissait d'un oiseau originaire de Suède ayant atteint l'âge respectable de 26 ans (bagué poussin en juin 1988), le record de longévité en Europe étant de 30 ans pour cette espèce (http://www.euring.org/data_and_codes/longevity.htm)

mercredi 8 juillet 2015

Des nouvelles du SPOL Mangeoire

Le Suivi des Populations d'Oiseaux Locaux (SPOL) avec Mangeoire a pour but de documenter sur le long terme les stratégies d’hivernage des passereaux communs granivores en France. Ce programme a été lancé à l’hiver 2003-2004. La participation a réellement démarré à l’hiver 2007. A ce jour, nous comptons 292731 données collectées, pour 220067 individus et 10967 contrôles interannuels. Ces données ont été collectées sur 191 stations différentes, dont 60 en 2013-2014. Ces chiffres sont ceux des stations ayant collecté des données au moins une fois par mois, entre décembre et février.
Les espèces les plus capturées sont la Mésange bleue (52731 individus), la Mésange charbonnière (50508 ind.) et le Verdier d'Europe (42618 ind.).
L'indice d’abondance hivernale (défini comme le nombre d’individus capturés par mètre de filet par heure d’activité de capture) montre qu'il qu’il y a eu peu d’oiseaux aux mangeoires lors des hivers 2013-2014 et 2014-2015 ; et à l’inverse une forte abondance au cours de l’hiver 2012-2013. Ce constat, basé sur les chiffres totaux, est en fait surtout dû aux abondances de mésanges (bleue et charbonnière), et dans une moindre mesure à celles des verdiers et chardonnerets.
 Pour plus de détails, rendez-vous sur l'article du SPOL Mangeoire.

Nombre d'individus capturés par an 


Répartition des stations de SPOL Mangeoire pour l'hiver 2013-2014
Indice d’abondance toutes espèces confondues - les limites des ’boîtes à moustaches’, en partant du bas sont : borne inférieure, 25%, 50%, 75% et borne supérieure des données par site. Les points individualisés sont des données hors norme.


Des nouvelles du STOC Capture

Le Suivi Temporel des Oiseaux Communs (STOC) par Capture a démarré en 1989. En 2013, nous comptions 308367 données collectées de 228220 individus. Si on se retreint aux adultes, cela correspond à 265131 données pour 196103 adultes, dont 42007 contrôlés au moins une fois (dont 13913 contrôles interannuels, et 298 déplacement d’une station STOC à une autre). Ces données ont été collectées sur 256 stations différentes par 289 bagueurs. Parmi les 156 espèces capturées, 38 espèces rassemblent 95% des données. Les 6 espèces les plus capturée sont la Fauvette à tête noire, la Rousserolle effarvatte, le Merle noir, la Mésange charbonnière, le Pouillot véloce et le Rouge-gorge familier.
En 2014, 144 stations ont fonctionné collectant 23809 données supplémentaires.

Pour plus de détails, consultez l'article du STOC Capture sur le site du CRBPO.



La poxvirose chez la Mésange charbonnière en France métropolitaine


La poxvirose aviaire est une maladie virale touchant les oiseaux. Elle est apparue en Europe chez la Mésange charbonnière (Parus major) aux cours des dix dernières années. Les individus malades présentent de volumineux nodules cutanés principalement situés sur la tête. La situation en France métropolitaine était jusqu’à présent mal connue. Afin d’apporter des connaissances concernant cette maladie sur le territoire métropolitain, une étude d’épidémiologie descriptive a été mise en place en Novembre 2012 par le Centre Vétérinaire de la Faune Sauvage et des Ecosystèmes des Pays de Loire (CVFSE Oniris Nantes).
Pour l'hiver 2014-2015, 30 bagueurs ont examiné systématique les mésanges capturées, essentiellement dans le cadre du Suivi des Populations d'Oiseaux Locaux avec Mangeoire. Sur les 1530 mésanges charbonnières examinées, 11 oiseaux présentaient des nodules cutanés sur 5 communes (carte ci-jointe). Pour les sites où des cas de poxvirose ont été observés, les proportions de mésanges charbonnières atteintes étaient faibles et variaient entre 1,4 et 5,7 %. Elles sont du même ordre de grandeurs que les proportions hivernales observées précédemment en Hongrie (0,8 %) ou en Angleterre (5 % en moyenne).

Pour en savoir plus, consultez la note de synthèse sur le projet, et le rapport de master de Julie Tucoulet, sur la page du SPOL Mangeoire du site CRBPO.

Et voir les compléments d'information ultérieurs dans le post dédié aux 'Recommandations d'hygiène pour le nourrissage des oiseaux des jardins'.

Rédacteurs: Julie Tucoulet, Philippe Gourlay (CVFSE Oniris Nantes) et Pierre-Yves Henry (CRBPO)

Mésange charbonnière atteinte de poxvirose, avec un nodule autour de l'oeil droit (photo: P. Duraffort, 2015)


Répartition des cas de poxvirose chez la mésange charbonnière en France (les carrés sont les sites suivis par des bagueurs, bleu clair: individus sains, rouge: observation de nodules probablement dû à la poxvirose)

mardi 30 juin 2015

La Reprise de la semaine

Régulièrement,en fonction de ce qui nous arrive et de nos disponibilités, nous vous présentons une donnée de contrôle ou reprise de bague récente qui sort de l'ordinaire. Il peut s'agir d'une espèce pour laquelle nous n'avons que peu d'informations, d'un déplacement inhabituel ou remarquable, d'une longévité élevée etc

Une Lusciniole française en Belgique 


Photo : Pierre Fiquet

La Lusciniole à moustaches Acrocephalus melanopogon est, en France, une espèce cantonnée aux zones humides méditerranéennes. Les contrôles à grande distance connus concernent d'une part certains oiseaux français allant hiverner sur la côte espagnole et d'autre part des oiseaux d'Europe centrale (quelques échanges avec la Hongrie et la Slovénie) venant passer la mauvaise saison en France ou plus Sud. Voir carte ci-dessous :

Synthèse cartographique des contrôles/reprises de lusciniole d'après la base du CRBPO 
lignes rouges : individus bagués à l'étranger
lignes vertes : individus bagués en France


La capture réalisée à Pepingen en Belgique le 06/06/2015 d'une Lusciniole baguée le 27/10/2014 à la réserve naturelle de l'étang du Bagnas, Agde (34) constitue ainsi le contrôle le plus septentrional pour cette espèce. A noter qu'il existe aussi dans notre pays quelques captures en dehors de l'aire de répartition habituelle : vallée du Rhône jusqu’en Haute-Savoie et vallée de la Durance mais aussi Morbihan, Creuse et Yonne (une seule donnée pour chacun de ces trois départements) !

mardi 23 juin 2015

La reprise de la semaine

Régulièrement,en fonction de ce qui nous arrive et de nos disponibilités, nous vous présentons une donnée de contrôle ou reprise de bague récente qui sort de l'ordinaire. Il peut s'agir d'une espèce pour laquelle nous n'avons que peu d'informations, d'un déplacement inhabituel ou remarquable, d'une longévité élevée etc

Contrôles de Faucon kobez en France

Cette semaine, la reprise est un contrôle !
Le printemps 2015 aura été marqué par un afflux important de Faucons kobez (Falco vespertinus) en France avec localement jusqu'à plusieurs centaines d'oiseaux en migration active et des stationnements tardifs d'immatures. Cet afflux aura également permis d'apporter les premières preuves récentes de l'origine des Kobez transitant par notre pays, situé en marge de la principale voie de migration utilisée par l'espèce au printemps.

Il s'agit de deux individus immatures (2 ème année civile), bagués poussins l'année dernière en Hongrie, dont la bague couleur a pu être photographiée et le code lue, photos des oiseaux ci dessous :

Femelle présente le 25 mai 2015 à Monteux (84), photos Dominique Cavey 

Mâle présent du 16 au 18 juin 2015 à Flavignac (87), photos Christophe Mercier

La précédente reprise hongroise de ce faucon en France concernait un immature mort le 05/05/1954 à Bastia (2B) !

mardi 16 juin 2015

Zones de mue et d'hivernage de la Rousserolle verderolle Acrocephalus palustris


Un article paru récemment dans la revue Acta Ornithologica fait le point sur les zones de mue et d'hivernage de la Rousserolle verderolle Acrocaphalus palustris, à partir de données de contrôles d'oiseaux bagués et de dosage d'isotopes stables dans les plumes. Certains bagueurs français se souviennent avoir été sollicités pour prélever une plume sur quelques rousserolles nichant sur leur station STOC, et bien ces plumes font partie de ces analyses. Un grand merci à eux !

Les auteurs ont analysé les isotopes stables de carbone et d'azote sur des plumes prélevées en Europe et en Afrique afin de déterminer quelles sont les habitats sélectionnés en dehors de la période de reproduction, pour tenter de localiser les aires d'hivernages des différentes populations nicheuses.
Ils ont notamment démontré l'existence d'une zone de halte automnale assez restreinte
autour des hauts plateaux éthiopiens.

Vous pouvez cliquez sur le lien ci dessous pour accéder à l'article complet sous format pdf :



jeudi 11 juin 2015

La reprise de la semaine

Régulièrement,en fonction de ce qui nous arrive et de nos disponibilités, nous vous présentons une donnée de contrôle ou reprise de bague récente qui sort de l'ordinaire. Il peut s'agir d'une espèce pour laquelle nous n'avons que peu d'informations, d'un déplacement inhabituel ou remarquable, d'une longévité élevée etc

Nouveau contrôle printanier de Phragmite aquatique


Les observations comme les captures de Phragmites aquatiques transitant par la France lors de la migration pré-nuptiale sont peu fréquentes (18 captures entre 1970 et 2011 mais une trentaine au cours d'une étude menée au printemps 2012 dans le Languedoc-Roussillon) et les sites de haltes mal connus même si l'on sait que l'espèce utilise annuellement les zones humides du pourtour méditerranéen. Les opérations de captures printanières visant cet oiseau ont été abandonnées en raison des dérangements occasionnés aux autres espèces nichant dans les mêmes habitats. La méthode de détection privilégier à cette période est l'écoute des chanteurs en halte qui peuvent s’avérer loquaces pendant une courte période à l'aube.

Phragmite aquatique adulte dans les boucles de la Marne (77), Août 2014
Photo :Maxime Zucca

Le printemps 2015 fournit cependant une donnée de contrôle : un individu portant une bague couleur dont le code alphanumérique a pu être lu, observé le 20/04 à Corneilla del Vercol (66) !
Il s'agissait d'un mâle adulte capturé en juin 2014 sur son site de reproduction polonais.

Les contrôles en migration pré-nuptiale dans les autres pays restent également très rares. A noter donc pour cette saison le contrôle d'un oiseau porteur d'une bague française le 24/04 en République tchèque,  capturé juvénile le 05/08/2013 à Frossay (44). La précédente reprise française de cette fauvette en République Tchèque concernait un phragmite découvert mort le 17/04/2010 et bagué mâle adulte en 08/2009 dans l'estuaire de la Seine (76).

Rédacteur: Romain Provost

mercredi 27 mai 2015

Des mouches transportées par des oiseaux… Fainéantes !




Les mouches-plates sont des Diptères Hippoboscidés, ectoparasites hématophages que l’on peut trouver sur certains mammifères et oiseaux. La sous-famille des Ornithomyinés parasite les oiseaux.
A titre d’exemple, depuis deux ans, dans la roselière de l’Estuaire de la Seine, des Ornithomyinés sont collectés sur les passereaux paludicoles en migration postnuptiale par les bagueurs de la Maison de l’Estuaire.
Sur ce site, 34 % des quelques 14 800 oiseaux bagués sont des rousserolles effarvattes et 41 % des phragmites des joncs. Pourtant la Rousserolle effarvatte fournit plus de la moitié des Ornithomyinés et le Phragmite des joncs seulement 12 %. L’intensité parasitaire par les diptères pupipares chez la Rousserolle effarvatte, avec 0,79 parasite pour 100 individus capturés est donc cinq fois et demie plus élevée que chez le Phragmite des joncs, avec 0,14 occurrence pour 100 oiseaux.
Des acariens et des mallophages utilisent les hippoboscidés comme moyen de transport (phorésie) afin de passer d’un oiseau à un autre. Pour certains de ces phorontes, la ponte sur un Hippoboscidé est obligatoire : l’incubation et les premiers stades de développement se déroulent alors sur la mouche-hôte.


Chez le Phragmite des joncs, 44 % des Ornithomyinés prélevés sont porteurs de phorontes. Cette proportion tombe à 15 % chez les spécimens collectés sur la Rousserolle effarvatte. Il est possible que le Phragmite des joncs soit plus souvent porteur d’acariens que la Rousserolle effarvatte. Il est aussi envisageable que chez le Phragmite des joncs, les quelques mouches-plates « disponibles » soient prises d’assaut par les phorontes tandis que chez la Rousserolle effarvatte la toute relative abondance de ces Ornithomyinés fait qu’ils sont moins nombreux à être phorétiques. La poursuite de l’étude des Ornithomyinés permettra t’elle d’apporter des réponses à ces questions ?
En 2014, PUPIPO, un programme participatif national à l’initiative du Centre Régional de Baguage de Normandie a vu le jour. Ce qui a déjà permis de collecter 367 Ornithomyinés de sept espèces différentes.
Pour plus de détail et participer au programme PUPIPO, contacter : gillesleguillou@sfr.fr


mercredi 29 avril 2015

Mission Ortolans printanière au Koweït

Au petit matin, un groupe d'ortolans arrive de migration et se pose dans les acacias près des sites de capture

Du 17 au 25 avril, une équipe du CRBPO s'est rendue au Koweït pour y capturer des Bruants ortolans lors de leur remontée vers l'Asie centrale. Ces populations orientales hivernent normalement sur les hauts plateaux éthiopiens, où les oiseaux muent les plumes du corps. Les scapulaires prélevées sur les migrateurs printaniers au Koweït permettront donc d'obtenir la signature isotopique de ces zones d'hivernage. Dans un deuxième temps, la capture d'ortolans nicheurs en Europe de l'Est et l'analyse isotopique de leurs scapulaires permettra de savoir si certains ont hiverné et mué en Ethiopie.
En quelques jours, ce ne sont pas moins de 45 ortolans qui ont pu être capturés, et qui sont repartis en migration avec quelques plumes en moins, données à la science ! Mais les ortolans n'étaient pas les seuls migrateurs à fréquenter les fermes isolées dans le désert, et les captures incidentes étaient souvent des nouveautés pour les bagueurs : Agrobates roux, Fauvettes des Ménétries, Gobemouche nain, pies-grièches de tous genres, mais aussi Pouillots fitis, Fauvettes babillardes et grisettes, Rougequeues à front blanc...
L'automne dernier, la masse moyenne des ortolans capturés au Koweït était de 25 grammes. Ce printemps, elle n'était que de 19 grammes : les oiseaux viennent de traverser le désert saoudien et n'ont à leur arrivée plus aucune réserve de graisse.


Un jeune mâle de Gobemouche nain

 
Une femelle d'Iranie à gorge blanche