dimanche 7 septembre 2014

Veille sur l'impact du baguage

Bien que nous cherchons tous à minimiser l'impact du baguage sur les oiseaux capturés - et que cet impact soit faible - il reste que la capture et le marquage ne sont pas anodins. Une étude récente a quantifié l'impact direct du baguage sur le devenir à court terme des oiseaux en Amérique du Nord (Spotswood et al. 2011).
Afin de pouvoir assurer une veille sur l'impact du baguage en France, nous avons décidé de standardiser la documentation de l'état de santé des oiseaux au relâché dans toutes les opérations de capture et marquage d'oiseaux. Ainsi, pour chaque capture, il est maintenant obligatoire de renseigner l'état de santé de l'oiseau au relâché, et de documenter tous les cas de mortalité accidentelle. Vous trouverez sur la page dédiée du site les instructions détaillées. Cette veille nous permettra de faire un état des lieux sur l'impact direct du baguage, de le comparer aux pratiques nord-américaines, et de diffuser des recommandations ciblées afin de réduire au maximum notre impact.

Pouillot véloce


Une nouvelle thèse: changements climatiques, d'habitats et réduction de taille des oiseaux communs

Suivant la règle de Bergmann,  le réchauffement climatique devrait induire une réduction de la taille corporelle des endothermes. Certaines observations sont concordantes avec cette hypothèse, mais différents mécanismes alternatifs restent à évaluer (Téplitsky et Millien 2014).A partir des relevés biométriques collectés par le STOC Capture au cours des 25 dernières années sur les oiseaux communs métropolitains, nous testerons si, comme prédit, leur taille corporelle a diminué au cours du temps, et si cette diminution de taille est mieux expliquée par le réchauffement climatique ou les changements d'habitats.
Mesure de la masse d'un passereau




Ce projet est coordonné par Isabelle Le Viol (CESCO), et sera mené en collaboration avec Romain Julliard, Céline Teplitsky, Alexandre Robert (CESCO) et Olivier Gimenez (CEFE). Il a bénéficié du soutien du LabEx BCDiv,  via l'octroi d'un contrat doctoral (titre du projet: 'Réduction de taille corporelle et réchauffement climatique : de la théorie aux données'). La personne recrutée pour mettre en oeuvre ce projet est Nicolas Dubos, qui démarrera sa thèse cet automne.

Les stations STOC capture en France

Établie et mise à jour dans le cadre de la thèse de Manon Ghislain en cours au CRBPO, voici la carte des stations de Suivi Temporel des Oiseaux Communs par Capture (STOC Capture) pour la période 1989-2013 en France métropolitaine et Corse (carte préparée par Manon).

Ortolans : avancées du programme de recherche

La collecte de plumes par les bagueurs du CRBPO avance, alors que le pic du passage de l'espèce a normalement lieu en ce moment. Plus d'une dizaine d'individus ont été capturés, bagués, notamment sur des sites équipés de matoles complétées de filets. Merci à tous de votre aide pour comprendre d'où viennent les ortolans qui migrent par la France en automne- et notamment quelle est la part qui vient de Russie. Continuons, il nous faut un maximum d'individus échantillonnés...
Une équipe de trois bagueurs vient d'arriver au Koweït, où ils vont tenter de capturer des ortolans utilisant la voie orientale pour migrer. Les plumes collectées là-bas permettront d'aider à savoir si les ortolans russes y passent. Première info reçue hier : pas mal d'ortolans observés, et une température de 47°C... A suivre...

Les analyses isotopiques sont en cours. Les analyses génétiques démarreront cet automne, avec l'arrivée de Caroline Moussy qui rejoint l'équipe du CRBPO/CESCO la semaine prochaine pour 18 mois, pour un post-doc sur la phylogéographie de la migration de l'ortolan.

Un des premiers ortolans capturés au Koweït - photo A. Audevard

mardi 26 août 2014

Les nouveaux programmes de suivi de la migration : PHENO, SEJOUR et VOIE


Comprendre et quantifier la migration des passereaux a motivé la naissance du baguage des oiseaux. Malgré les innovations technologiques qui supplantent le baguage dans la documentation fine des voies de migration, les réseaux de bagueurs restent les seuls à pouvoir documenter à l'échelle nationale et sur plusieurs décades les changements de phénologie migratoire et de halte migratoire, et leurs déterminants. C'est ce constat qui a orienté la redéfinition des protocoles de suivi de la migration que le CRBPO propose aux bagueurs, en veillant à pérenniser la collecte de données standardisées.
La phénologie migratoire est la dimension de la migration le plus simple à documenter avec les données de baguage, puisqu’elle ne requière que des données de capture (qui sont utilisées comme des comptages), sans nécessité de recapturer des individus. Elle consiste à définir les périodes de migrations et leurs variations dans le temps, dans l’espace et entre individus. Le thème PHENO est créé pour documenter de manière standardisée ces phénologies migratoires.  L’étude du processus de halte migratoire se base sur les capture/recaptures d’individus au cours de leur séjour de halte migratoire. Elle se fonde sur une fréquence de captures élevée (journalière) afin de déterminer les dates d’arrivée et de départ des individus, les effectifs en transit, et la dynamique d’engraissement. Le thème SEJOUR porte sur la quantification standardisée de ce processus de séjour de halte migratoire.  
Pour quelques espèces avec une forte pression de baguage en France, et à l'étranger, le baguage avec une simple bague métallique numérotée, génère suffisamment de contrôles à longue distance (par recapture ou reprise) pour documenter les voies de migration, et potentiellement leurs changements au cours du temps. Les espèces modèles retenues pour poursuivre la documentation des voies de migration par le baguage classique sont les Hirondelles rustique (Hirundo rustica) et de rivage (Riparia riparia), le Bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus) et la Rémiz penduline (Remiz pendulinus), dans le cadre du thème VOIE.

jeudi 19 juin 2014

Mission ortolans en Russie

Alexander Sokolov, avec Benoit Fontaine, Maxime Zucca et Romain Lorrillière
Du 17 au 31 mai 2014, trois bagueurs du CRBPO sont partis en Russie, près de Belgorod puis de Volgograd, pour capturer et marquer des Bruants ortolans dans le cadre du projet MORNING (Migration of the ORtolaN buntING), une étude à l'échelle continentale de la stratégie de migration de l'espèce. Au total, 60 ortolans ont pu être capturés, bagués couleur, dont 40 mâles équipés de géolocalisateurs. Le tout dans une ambiance plus que conviviale au milieu de prairies fleuries.
Ce projet durera trois ans (2014-2016), et est financé par le MEDDEE, le Conseil Général des Landes, le Conseil Régional Aquitaine, la Fédération des Chasseurs des Landes et le MNHN. Il associe des scientifiques à travers toute l'Europe (Russie, Biélorussie, Estonie, Lituanie, Finlande, Suède, Norvège, Pologne, Allemagne, France, Espagne et Turquie), tous mobilisés pour comprendre d'où viennent les ortolans qui migrent par le sud-ouest de la France en automne.

Rédacteur: Frédéric Jiguet