lundi 6 juillet 2020

Pour une réelle évaluation des stratégies de gestion des "nuisibles"

Chaque année, en Europe, des millions de renards, mustélidés et corvidés sont détruits, considérés comme nuisibles ("susceptibles de causer des dégâts" en France) aux intérêts économiques et sanitaires de l'humain. Pourtant, dans un article récent, Frédéric Jiguet (2020) nous rappelle que les destructions dé-confinent les individus et augmentent la propagation des zoonoses. Différents résultats scientifiques illustrent cette aberration, que ce soit pour le renard et l'échinococcose alvéolaire, le blaireau et la tuberculose bovine. Pour les corvidés et les dégâts agricoles, les programmes personnels de marquage en cours en France, sur grands corbeaux, corneilles noires et choucas des tours, permettent d'illustrer les immenses échelles spatiales de fonctionnement des méta-populations, rendant toute régulation locale inefficace: un individu éliminé sera très rapidement remplacé par un autre tant que la ressource attirant l'espèce est présente.
La réflexion exposée dans cet article argumente l'évidence de la nécessité d'une réelle évaluation des stratégies de régulation de ces espèces, en plusieurs étapes pratiques, et basée sur une évaluation dite des trois E : écologique, économique et éthique.
In fine, la décision d'avoir recours à des méthodes létales devrait être systématiquement conditionnée sur le fait que les objectifs soient atteignables (réduction de dégâts, de risques sanitaires), et associés à des bilans écologiques et économiques positifs.



Renard roux et grands corbeaux, en Estonie (photo Remo Savisaar)

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